💰 remboursement frais engagés avant création entreprise

par | Jan 7, 2026

Remboursement des Frais Engagés Avant la Création de l’Entreprise : Guide Complet

Avant même l’immatriculation de votre société, vous avez probablement engagé des dépenses essentielles. Ces frais préalables peuvent représenter un investissement conséquent. Vous vous demandez légitimement si vous pouvez récupérer ces sommes une fois votre entreprise créée. La réponse est oui, sous certaines conditions strictes. Le remboursement des frais engagés avant la création de l’entreprise constitue un mécanisme juridique et fiscal encadré. Il vous permet de faire prendre en charge par votre société les dépenses engagées pour son compte avant son existence légale. Cette possibilité s’applique à différentes structures juridiques d’entreprise, mais les modalités varient selon votre statut.

Qu’est-ce que le remboursement des frais engagés avant la création de l’entreprise ?

Le remboursement des frais engagés avant la création d’entreprise désigne la prise en charge par la société des dépenses effectuées par les fondateurs avant l’immatriculation. Le droit des sociétés prévoit un mécanisme de reprise de ces engagements : les actes accomplis pour le compte d’une société en formation peuvent être repris par celle-ci après son immatriculation, moyennant une décision formelle des organes de direction. Le Code de commerce encadre strictement cette procédure, qui doit intervenir dans un délai de deux ans suivant la création.

Les frais concernés doivent présenter un lien direct avec l’activité future de l’entreprise et être nécessaires à sa création ou à son démarrage. Vous devez impérativement conserver tous les justificatifs originaux (factures, reçus, contrats). Sans preuve documentaire solide, le remboursement sera refusé par l’administration fiscale lors d’un éventuel contrôle.

Quels frais peuvent être remboursés ?

Les frais remboursables se divisent en trois catégories principales. Les frais juridiques et intellectuels regroupent l’ensemble des dépenses liées à la création et à la préparation du projet. Ils comprennent :

  • Frais de constitution : honoraires d’avocat, frais de greffe, publication légale, droits d’enregistrement
  • Frais d’études et de conseil : honoraires de consultants, études de marché, audits préalables, business plan, formation spécifique au projet
  • Honoraires d’expert-comptable pour l’accompagnement initial

Les investissements opérationnels constituent la deuxième catégorie éligible. Vous pouvez faire rembourser les achats de matériel professionnel (ordinateurs, mobilier, logiciels, outils spécifiques) ainsi que les dépenses de prospection commerciale (création de site internet, supports marketing, participation à des salons, campagnes publicitaires initiales). Ces frais doivent être documentés par des factures détaillées démontrant leur utilité pour le projet entrepreneurial.

Certaines dépenses restent exclues du remboursement. Les frais personnels sans lien professionnel et les dépenses somptuaires ou disproportionnées seront systématiquement rejetés par l’administration fiscale, qui examine attentivement la nature et le montant de chaque dépense.

Conditions et procédure de remboursement

Les frais doivent être engagés dans un délai de six mois à un an avant la création de l’entreprise. Au-delà, vous devrez justifier le lien avec votre projet entrepreneurial. Conservez l’intégralité des justificatifs originaux : factures, reçus, contrats et relevés bancaires. Ces documents doivent être établis au nom du fondateur et mentionner clairement la nature de la prestation ou du bien acquis.

Pour une société, les associés doivent approuver la reprise des engagements lors d’une assemblée générale ou d’une décision collective, dans les deux ans suivant l’immatriculation. Cette décision doit être consignée dans un procès-verbal détaillant la liste des frais et leur montant.

Sur le plan comptable, vous devez enregistrer ces frais dans les comptes annuels de l’entreprise : en charges ou en immobilisations selon leur nature. Le remboursement au fondateur s’effectue par virement bancaire.

Traitement fiscal et comptable

Les frais remboursés sont déductibles du bénéfice net imposable de l’entreprise, réduisant ainsi votre base d’imposition. Cette déductibilité exige que les frais soient engagés dans l’intérêt de l’entreprise, justifiés par des pièces probantes et correctement comptabilisés. Les frais de constitution peuvent être immobilisés en frais d’établissement et amortis sur 5 ans maximum, ou passés directement en charges. Par exemple, 5 000 € de frais remboursés permettent une économie d’impôt d’environ 1 250 € pour une société à l’IS (taux réduit de 15%) ou jusqu’à 2 200 € selon votre tranche marginale d’imposition. Un cabinet comptable peut optimiser ce traitement selon votre situation.

Les autres frais sont comptabilisés selon leur nature : les immobilisations figurent à l’actif du bilan, tandis que les prestations de services sont enregistrées en charges d’exploitation. Cette classification détermine votre résultat fiscal et vos obligations en matière de déclaration fiscale.

Si votre entreprise est assujettie à la TVA, vous pouvez récupérer la TVA ayant grevé les frais préalables, à condition que les biens ou services soient utilisés pour des opérations taxables. Vous devez demander la reprise de ces factures au nom de la société, soit par facture rectificative du fournisseur, soit via la procédure de transfert de TVA.

Le remboursement lui-même ne constitue pas un revenu imposable pour le fondateur. Il s’agit d’un simple remboursement de frais qui ne doit pas être déclaré dans vos revenus personnels. Si vous bénéficiez d’un abattement fiscal au titre de vos revenus professionnels, ce remboursement n’entre pas dans le calcul de cet avantage.

Cas particuliers selon la structure juridique

Le traitement des frais préalables diffère sensiblement selon votre statut juridique. Pour une micro-entreprise, le régime ne permet pas la déduction des frais réels. Vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires (71% pour les activités d’achat-revente, 50% pour les prestations de services BIC, 34% pour les BNC). Les frais engagés avant la création ne peuvent donc pas être remboursés fiscalement. Cette limitation constitue un inconvénient majeur pour les projets nécessitant des investissements initiaux supérieurs à 5 000 €.

Pour une SARL ou une SAS, la procédure est beaucoup plus favorable. Ces sociétés peuvent reprendre les engagements préalables par décision des associés dans les deux ans suivant l’immatriculation. Les frais deviennent alors des charges déductibles de la société. Par exemple, si vous avez engagé 15 000 € de frais (études, matériel, constitution), votre société peut vous les rembourser et les déduire de son résultat imposable. Cette reprise doit être formalisée par procès-verbal et validée par un expert-comptable.

L’entreprise individuelle au régime réel offre également une solution intéressante. Vous pouvez déduire l’intégralité des frais professionnels engagés avant le début d’activité, considérés comme des charges de la première année d’exploitation. Ces frais doivent être déclarés dans votre liasse fiscale et respecter les règles générales de déductibilité. Environ 35% des créateurs d’EI déduisent entre 3 000 € et 8 000 € de frais préalables lors de leur première déclaration.

Erreurs à éviter et recommandations pratiques

Quatre erreurs compromettent fréquemment le remboursement des frais préalables. Ne pas conserver les justificatifs originaux rend tout remboursement impossible, et présenter des factures douteuses expose à des sanctions fiscales et pénales. Engager des frais au-delà d’un an avant la création fragilise la justification du lien avec le projet entrepreneurial. Mélanger frais personnels et professionnels compromet la crédibilité de vos demandes. Enfin, ne pas formaliser la reprise des engagements par une décision des associés rend le remboursement juridiquement inopposable.

La documentation rigoureuse constitue votre meilleure protection. Conservez tous les justificatifs originaux et numérisez-les systématiquement. Ouvrez un compte bancaire dédié au projet dès le départ pour assurer une traçabilité claire. Rédigez une note explicative pour chaque dépense importante précisant son lien avec l’activité future.

L’accompagnement par un expert-comptable ou avocat fiscaliste sécurise votre démarche et optimise le traitement fiscal de vos frais. Ce conseil professionnel, dont le coût varie généralement entre 500€ et 2000€ selon la complexité, représente un investissement rentable face aux enjeux financiers du remboursement.

Le remboursement des frais engagés avant la création nécessite une préparation minutieuse et le respect strict des procédures légales. Chaque structure juridique présente ses spécificités qu’il convient de maîtriser pour tirer pleinement parti de ce mécanisme.

Foire Aux Questions

Découvrez les réponses aux questions les plus fréquentes concernant le remboursement des frais engagés avant la création de votre entreprise. Cette section vous aide à comprendre les règles, procédures et meilleures pratiques pour optimiser la gestion de vos dépenses pré-création.

Qu’est-ce que le remboursement des frais engagés avant la création de l’entreprise ?

Le remboursement des frais engagés avant la création de l’entreprise est un mécanisme juridique permettant à l’entrepreneur de récupérer les dépenses personnelles effectuées pour le compte de la future société avant son immatriculation. Ces frais, engagés au nom et pour le compte de la société en formation, peuvent être remboursés une fois l’entreprise créée. Ce dispositif est essentiel car il protège le patrimoine personnel de l’entrepreneur et permet une comptabilisation correcte des charges de l’entreprise dès sa création.

Quels types de frais peuvent être remboursés avant la création de l’entreprise ?

Plusieurs catégories de frais sont éligibles au remboursement : les frais juridiques et administratifs (honoraires d’avocat, frais de greffe, rédaction des statuts), les dépenses liées à l’étude de marché et aux conseils professionnels, les achats d’équipements et de fournitures nécessaires au démarrage, les frais de dépôt de marque ou de brevet, et certains frais de communication. Pour être remboursables, ces dépenses doivent être directement liées au projet entrepreneurial, justifiées par des factures au nom de la future société, et engagées dans un délai raisonnable avant l’immatriculation.

Quelles sont les étapes pour obtenir le remboursement des frais engagés avant la création ?

La procédure comporte plusieurs étapes essentielles. D’abord, conservez précieusement toutes les factures et justificatifs établis au nom de la société en formation. Ensuite, lors de la création, les associés doivent approuver la reprise des engagements par la société dans les statuts ou lors d’une assemblée générale extraordinaire. Après l’immatriculation, établissez un compte de remboursement en comptabilité et procédez au remboursement effectif. Enfin, cette opération doit être mentionnée dans les comptes annuels de l’exercice. Le délai pour régulariser ces frais est généralement limité aux six mois suivant l’immatriculation.

Quel est le cadre légal du remboursement des frais pré-création ?

Le cadre légal du remboursement repose principalement sur les articles L. 210-6 du Code de commerce et les dispositions du Code général des impôts. Ces textes encadrent la reprise des actes accomplis pour le compte de la société en formation. Sur le plan fiscal, ces remboursements constituent des charges déductibles pour l’entreprise, à condition qu’ils soient dûment justifiés et liés à l’exploitation. Le respect du formalisme juridique est crucial : les statuts ou un procès-verbal d’assemblée doivent mentionner expressément la décision de remboursement. Les règles comptables imposent également une traçabilité rigoureuse de ces opérations.

Comment documenter correctement les frais engagés avant la création de l’entreprise ?

Une documentation rigoureuse est indispensable pour garantir le remboursement. Exigez systématiquement des factures libellées au nom de la société en formation avec la mention « en cours de création » ou similaire. Créez un tableau récapitulatif chronologique de toutes les dépenses avec date, montant, objet et fournisseur. Conservez tous les justificatifs originaux pendant au moins six ans. Photographiez ou numérisez vos documents pour sécuriser leur conservation. Enfin, préparez une note explicative détaillant la nature et la nécessité de chaque dépense pour faciliter leur approbation par les organes de la société.

Quelles sont les meilleures pratiques pour optimiser le remboursement des frais avant création ?

Pour optimiser le processus, planifiez vos dépenses et privilégiez celles directement nécessaires au lancement de l’activité. Consultez un expert-comptable ou un avocat fiscaliste dès le départ pour identifier les frais éligibles et organiser leur comptabilisation. Évitez les dépenses mixtes (personnelles et professionnelles) difficiles à justifier. Fixez-vous une limite budgétaire raisonnable car des montants excessifs peuvent attirer l’attention de l’administration fiscale. Formalisez rapidement la reprise des engagements après l’immatriculation. Enfin, intégrez ces remboursements dans votre plan de trésorerie initial pour anticiper leur impact financier sur l’entreprise naissante.

Comment traiter la TVA sur les frais engagés avant la création de l’entreprise ?

Le traitement de la TVA sur les frais pré-création nécessite une attention particulière. Les dépenses engagées avant l’immatriculation peuvent ouvrir droit à déduction de la TVA, à condition que l’entreprise soit assujettie et que les biens ou services soient utilisés pour les besoins de son activité taxable. Les factures doivent être établies au nom de la société en formation et la TVA doit être récupérée sur la première déclaration suivant l’immatriculation. Pour éviter les erreurs fiscales courantes concernant les débours et la TVA, il est recommandé de faire valider votre traitement comptable par un professionnel. Une mauvaise gestion de ces aspects peut entraîner des redressements fiscaux ultérieurs.

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